Si on vous pose la question du lien entre votre kaizen et le film, voici des éléments de réponse.
Le buzz est impressionnant. « Kaizen », c’est 500 salles et 330 000 spectateurs pour une projection unique, 8 000 000 de vues sur YouTube 24 heures plus tard et ce n’est que le début.
Le choix de « Kaizen » comme titre du film étonne car il s’agit d’un mot familier dans notre culture lean, mais un mot qui reste encore confidentiel dans la société en général. A quoi pensait Inoxtag, 22 ans, youtubeur, disrupteur quand il l’a choisi ?
Soyons précis. Voici la définition qu’il en a donné le 13 septembre, devant les 2 500 spectateurs du Grand Rex :
« On se rend compte que c’est quand on se lance des aventures qu’on se met en mouvement, qu’on apprend vraiment, qu’on grandit. On devient meilleur. C’est ça aussi, Kaizen : c’est devenir meilleur, chacun à son rythme, chacun à sa mesure, petit à petit.
Petit à petit, on peut faire de grandes choses, si on y va doucement, à notre rythme.
Je suis convaincu que là, tous aujourd’hui, on a un rêve dans notre tête qui nous paraît impossible. On se dit : « C’est inaccessible, on ne peut pas le faire. » Mais tout est possible, il faut juste y croire. Il faut essayer, ne pas écouter l’avis des autres. »
Auriez-vous donné la même définition ? Moi, non. Nous n’avons ni le même âge ni le même parcours mais je la trouve très inspirante et je remercie Inoxtag pour le beau moment que l’on vit en regardant « Kaizen ».
Puisque le film a été vu plus de 20 millions de fois (en 4 jours), profitons-en pour parler de lean management. L’occasion est rare que l’une de ses composantes face l’objet d’un tel succès 🙂
Le Kaizen est le fait de viser l’excellence par la recherche permanente de petites améliorations, sur le terrain, chaque jour, par chaque collaborateur de l’entreprise.
Trois exemples de kaizen dans trois domaines différents :
Un atelier d’assemblage : l’ouvrier a sur son atelier de petites pièces qui tombent trop souvent par terre. Plusieurs personnes se sont plaintes de devoir se baisser (mal de dos) pour les ramasser ou de se cogner en se relevant. Le kaizen des ouvriers les a conduits à installer une sorte de tablier avec une feuille plastique qui récupère les pièces qui tombent à hauteur de leurs genoux. Plus de risque et moins de temps perdu.
Une équipe de développeurs : elle se rend compte que le temps de chargement de la page web est trop lent et que les visiteurs abandonnent la consultation du site. Après avoir décortiqué requêtes et calculs, ils revoient leur code et divisent par deux le délai.
Administration des ventes : les employés s’agacent de perdre du temps à relancer les commerciaux pour obtenir la totalité des informations qui permettent de rédiger les contrats. Avec le kaizen, ils identifient 4 données importantes et régulièrement manquantes (sur la trentaine nécessaire) et ils envoient un petit pense bête aux commerciaux. Baisse de 75% des dossiers incomplets, meilleur « time to cash », meilleure productivité, meilleur moral de l’administration des ventes et des commerciaux.
Des petits pas mais de vrais impacts, lorsque l’on passe à l’échelle. Toyota annonce 1 million de kaizens par an dans ses équipes et au final il produit le même nombre de véhicules que Volkswagen avec 40% d’effectifs en moins.
Rentrons dans la technique.
Le premier postulat de « l’esprit Kaizen », c’est d’accepter que les choses ne soient pas parfaites. Tout peut toujours être amélioré.
Le second postulat, c’est de considérer que la meilleure façon d’obtenir ces améliorations est de les traiter de manière locale, pas à pas, et d’impliquer les collaborateurs dans l’amélioration de leur propre environnement de travail.
L’esprit Kaizen est classiquement décrit en dix règles :
- Challenger le statu quo. Remettre en question les pratiques actuelles.
- Penser à comment faire, plutôt qu’expliquer pourquoi on ne peut pas faire.
- Ne pas s’excuser, ne pas blâmer, ne pas critiquer. Aller voir comment le processus fonctionne.
- Ne pas viser la perfection du premier coup. Chercher 50 % d’amélioration maintenant.
- Faire bien avant de faire vite.
- Trouver des solutions à coût nul.
- Continuer à trouver des idées dans la difficulté.
- Poser cinq fois la question « pourquoi ? » et chercher la cause première.
- Rechercher les idées de dix personnes plutôt que le savoir d’une seule.
- Les opportunités d’amélioration sont infinies.
On trouve souvent ces 10 règles sous forme de poster dans les équipes qui ont adopté le lean. Parfois aussi sous forme de cartes à jouer.
Le kaizen n’est pas qu’un esprit d’amélioration et une pratique décrite dans les 10 règles. Il fait aussi référence à trois composantes managériales un peu étonnantes, comment souvent dans le lean :
Gemba – Challenge – Kaizen
(oui le kaizen est bien dans le kaizen)
Gemba signifie que le manager doit aller sur le terrain de ses opérations pour mieux comprendre les attentes de ses clients, le fonctionnement de ses outils et de ses processus, les conditions de travail de ses employés. S’améliorer dans une salle de réunion est proscrit.
Challenge est l’idée que le statu quo représente la situation actuelle mais qu’il peut être remis en question, parce que le client, les employés ou l’entreprise en ont besoin. C’est un message que porte le manager. Les opportunités d’amélioration étant infinies, le manager doit aussi réfléchir au choix des sujets à challenger : ceux proposés par l’équipe, ceux qu’il a identifiés ? Un peu de challenge, c’est utile. Trop immobilise et ce n’est pas l’effet recherché.
Kaizen : fait donc référence à la découverte et à l’amélioration par petit pas. Il s’agit pour le manageur d’encourager le passage à l’acte par la bienveillance ainsi que par un intérêt sincère pour la façon dont les employés abordent le sujet.
Une dernière pensée d’Inoxtag, issue du film :
« Je ne pensais pas que j’allais faire tout ça. Ce que j’en retire c’est même pas l’Everest, c’est tout ce que j’ai découvert. C’est toutes les montagnes que j’ai montées, c’est toutes les aventures que j’ai vécues, tous les gens que j’ai rencontrés. J’ai ouvert des possibilités dans ma vie et c’est ça Kaizen. C’est le nom du documentaire, c’est pour ça que je l’appelé Kaizen. Ça veut dire s’améliorer jour après jour, petit à petit. Petit pas par petit pas, tu gravis les plus hauts sommets. »
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