
Le sensei et le Lean en informatique représentent :
– un défi très classique : il est toujours difficile de trouver un bon sensei quand on démarre dans le Lean. Et je ne sous-estime pas la difficulté à le garder ensuite, mais restons sur le démarrage :-). Le sensei est rare puisqu’il sait à la fois pratiquer le Lean management, l’enseigner sans l’enseigner (il fonctionne par questionnement et provocation, sans slide ni salle de formation), choisir des sujets d’amélioration obscurs mais percutants. Bref, il n’a rien à voir avec l’expert qui maitrise sa boite à outils et il est souvent si ce n’est de mauvaise humeur au moins pénible sur ce qui semble être des broutilles.
– un défi spécifique dans l’informatique puisque, historiquement, les sensei sont des experts de l’industrie, disons du « manufacturing » et/ou de la « supply chain », mots que j’utilise volontairement pour montrer à quel point on est loin du dév, du test ou du management de configuration pour ne citer que quelques domaines de l’informatique. Difficile de faire confiance au coaching de quelqu’un qui ne sait pas lire une ligne de code…
Prenons le sujet dans le bon ordre :
- Pourquoi faut-il un sensei quand on se lance dans le Lean et notamment dans le Lean en informatique ?
- Où le trouver ?
- Que va-t-il se passer ensuite ?
Lire la suite « Trouver son sensei quand on se lance dans le Lean en informatique »

Quand Porsche a entamé sa démarche Lean, dans les années quatre-vingts, le sensei a refusé de rencontrer le président dans son bureau et lui a donné rendez-vous dans l’usine. Une fois dans l’usine, il lui a demandé de démonter lui-même le haut d’une étagère de stockage (on parle de « rack » dans l’industrie) et de ne laisser qu’une hauteur de 1,30 mètre, au lieu des 2,5 mètres existants afin de permettre aux employés de se voir et donc de mieux collaborer. Le Président de Porsche n’avait que très rarement l’occasion de venir dans l’usine et n’y avait jamais eu aucune activité manuelle. Ce que voulait le sensei, c’était lui montrer que son usine n’arrivait plus à se concentrer sur la production des voitures, mais qu’au contraire les employés étaient devenus des gestionnaires de stock, entassant, déplaçant, reconditionnant.
Extrait du livre