Informatique et gaspillages, épisode 3 : mouvements inutiles, corrections et retouches

Clôturons notre série consacrée aux gaspillages en informatique ! Après la surproduction, l’attente, le transport et les étapes inutiles, intéressons-nous aux mouvements inutiles et aux corrections imposés aux utilisateurs d’un logiciel pro chez un voyagiste.

Les mouvements inutiles : navigation et recherche
labyrintheLe fait de parcourir les pages ou écrans d’une application pour y rechercher une information est un gaspillage, puisque le déplacement n’apporte en soi aucune valeur à l’utilisateur. Dans le cas idéal, l’utilisateur devrait avoir toutes les informations nécessaires sous les yeux, et uniquement ces informations nécessaires, sans avoir à fournir le moindre effort. Le système du voyagiste regorge de tels exemples : les différents vols proposés pour une requête donnée sont affichés dans des pages distinctes, ce qui oblige à naviguer fréquemment d’une page à l’autre pour comparer les alternatives ; il faut revenir à la page d’accueil pour modifier les critères de recherche de vol ; la page qui affiche le détail d’un voyage est très longue, ce qui oblige l’utilisateur à utiliser les barres de défilement pour naviguer de haut en bas, etc. Dans le cas où les informations sont regroupées au sein d’un même écran, la navigation et la recherche prennent une nouvelle forme : le regard parcourt l’écran à la recherche de l’information pertinente.

Les corrections ou retouches
Recommencer une action est un gaspillage ! Par exemple, si l’agent commercial ou le voyageur font une faute de frappe en indiquant une ville de destination, le système affiche un message d’erreur et ils doivent recommencer toute la saisie. Un bon système à cet égard propose une correction automatique, ainsi que la bonne destination en cas de faute de frappe mineure ; ou encore, un clic sur la destination voulue, indiquée sur une carte.

Pour comprendre comment que la pratique Lean peut vous aider à améliorer les logiciels que vous concevez, lisez La Pratique du Lean Management dans l’IT.couverture La pratique du Lean Management dans l'IT

Lean Informatique et gaspillages, épisode 1 : surproduction, attentes et transport

Pour comprendre comment la grille d’analyse des sept gaspillages du Lean management s’applique à l’utilisation des interfaces homme/machine, prenons l’exemple des utilisateurs d’un logiciel dans un réseau d’agences de voyage.
En synthèse :

Surproduction = Saisir plus d’informations que le système ne nécessite à un moment donné.

Attentes = Attendre une réponse du système.

Transport = Copier des informations manuellement d’un système à l’autre.

Surproduction

Le système informatique occasionne un gaspillage de surproduction pour l’utilisateur lorsqu’il lui donne une information inutile, ou lorsqu’il fournit une information avant qu’il en ait réellement besoin. Un exemple typique est la page d’accueil du site intranet du voyagiste, chargée d’une multitude d’informations dont chacune n’intéresse qu’une partie des utilisateurs. Du point de vue de chaque utilisateur, de nombreuses informations sont lues, ou consommées, pour rien. Une autre forme de surproduction concerne la saisie d’informations par l’utilisateur : soit le système demande des informations inutiles, soit il demande ces informations trop tôt.

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Les trois malédictions des informaticiens 2/2

En quoi le Lean management aide l’informatique ?
Après la malédiction de la connaissance et celle de l’ignorance :

La « malédiction de la réinvention »

idéeLes principes de la conception de l’interface homme / machine, bien que définis et documentés, sont souvent peu connus des équipes. Leur mise en œuvre demande de l’expérience pour trouver les meilleurs compromis et résoudre un grand nombre de contraintes simultanées. Les spécialistes de l’ergonomie des interfaces homme / machine existent et savent gérer ces contraintes. Ils ne sont toutefois impliqués que dans de très rares projets, et souvent de manière ponctuelle.

Pourtant, tout développement implique des choix de conception d’interface. Même dans le cas d’un logiciel qui n’a pas d’interface graphique (middleware, bibliothèque, proxy…), le nommage, les structures de données et les comportements face aux anomalies – pour ne citer que quelques facteurs – génèrent plus ou moins de gaspillages, en premier lieu chez les informaticiens et en second lieu chez les utilisateurs des applications qui s’appuient sur le service rendu par le logiciel. Lire la suite « Les trois malédictions des informaticiens 2/2 »

Les trois malédictions des informaticiens 1/2

errorComment le Lean management peut aider l’informatique

Les situations d’insatisfaction client et de dépenses excessives sont dues au fait que, bien souvent, les informaticiens ne savent pas écouter le client.

Qu’il s’agisse d’applications grand public, de sites internet ou d’applications internes d’entreprise, l’utilisation de l’outil informatique est souvent source de confusion et de frustration. Il faut fouiller pour trouver des fonctions cachées, décrypter des messages sibyllins, se livrer à des manipulations fastidieuses.

Pour comprendre l’origine de ces difficultés, il faut prendre conscience des
« malédictions » inhérentes au métier d’informaticien. Lire la suite « Les trois malédictions des informaticiens 1/2 »

La définition du Lean IT

En quoi le Lean management pourrait-il concerner l’informatique ? Quels bénéfices pourraient en tirer les DSI et les éditeurs ?

Commençons par rappeler ce qu’est le Lean management

Il a toujours été difficile de définir le Lean : il est certain que ce modèle de management fait référence à celui mis en place chez Toyota. Il est tout aussi certain que Toyota l’a, pendant très longtemps, très peu décrit. En revanche, Toyota a toujours ouvert ses portes aux personnes qui étaient curieuses de son système de production et les a laissés interpréter très librement ce qu’elles en ont compris.

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