Voir la performance pour sortir du monde de l’opinion

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Dans le lean, notre sujet c’est la performance opérationnelle. Nous ne la quittons pas des yeux. Non pas parce que nous sommes des autistes sans cœur, des Sheldon Cooper obsédés par les chiffres et insensibles aux personnes avec lesquelles nous travaillons : c’est évidemment un peu plus subtil que cela.

La performance permet de donner un regard objectivé sur l’évolution d’une situation et de rendre tangibles les apprentissages réalisés par l’équipe. En clarifiant les conditions de réussite et en rendant visibles les apprentissages, la performance est un pilier essentiel du respect des collaborateurs. Si vous doutez de cette assertion bien peu démagogue et contre-intuitive, je vous invite à regarder le résultat  d’études sérieuses sur le bien-être au travail ici et .

Le suivi de la performance présente aussi un effet de bord vertueux : il offre l’opportunité de sortir du monde indémerdable de l’opinion et des analyses psychologiques (oui mais Kimberley a dit ceci parce que Peggy Sue a dit à Carrie-Ann qu’elle pensait cela …), analyses dans lesquelles nous aimons à nous complaire durant des heures de réunion de « conduite du changement ». Comme arbitrait le vénérable Deming : « In God we trust, all others must bring data ».

Le Lean apporte un éclairage sans ambigüité sur l’efficacité d’une équipe à travers sa performance opérationnelle : la perception de ses clients, les obstacles qui l’empêchent de réussir, ses potentiels d’amélioration et, objectif essentiel, ses apprentissages que la performance valide. Un peu comme la méditation, le Lean permet de simplifier le champ d’attention et de sortir des miroitements du réel. J’ai encore eu l’occasion de constater son admirable puissance lors d’une session de coaching cette semaine, session qu’il me tarde de vous raconter …

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Lean & Green : entretien avec Kelly Singer

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The original English version of this interview by Cecil Dijoux is available on his blog: #Hypertextual.

Depuis quelques années, Lean et préoccupations environnementales vont de plus en plus de pair. En effet, Toyota a montré la voie : la réduction de son impact sur l’environnement est un sujet majeur d’innovation pour le constructeur japonais ainsi qu’un pilier de sa vision pour le 21e siècle. Pionnier des technologies hybrides depuis la fin des années 90  avec la Prius, l’entreprise japonaise se positionne aujourd’hui avec la technologie de pile à combustible. Enfin Lean & Green est une alternative crédible et pratique à l’idéologie de la décroissance.

Kelly Singer est une observatrice et une actrice de cette tendance émergente. Selon elle, les problématiques environnementales à l’échelle planétaire représentent l’un des sujets les plus difficiles de notre temps et le Lean qui se concentre sur la réduction des gaspillages peut certainement aider à relever ce challenge. Lire la suite « Lean & Green : entretien avec Kelly Singer »

Conduite du changement : Le Gemba ou comment provoquer les moments de révélation

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Lors de la conférence Enterprise 2.0 de Boston en 2011 (la transformation numérique s’appelait encore Entreprise 2.0 à cette lointaine époque), j’ai eu la chance de rencontrer l’excellente Rachel Happe. Lassée de la vie corporate, la brillante Rachel a décidé de lancer et d’animer la Community Roundtable, une engeance qui a pour vocation d’offrir un espace de réflexion et de partage aux Community Managers, et de proposer un modèle de suivi de la maturité des organisations sur ce sujet.

Lors d’une de nos discussions sur la conduite du changement, elle m’expliqua de sa voix particulière, chantante et brisée, ponctuée de ses rires à la tonalité grave mais à la joie communicative, que ce qu’elle cherchait dans une équipe était ces fameux « aha moments ». Ces moments magiques de révélation durant lesquels les personnes ont une épiphanie qui leur fait d’un seul coup changer de perspective sur un sujet, comprendre l’utilité de telle ou telle approche ou encore le nature impérative d’un changement.

Il existe dans le lean une pratique quotidienne qui permet de provoquer volontairement ces moments de révélation, ces épiphanies. Un outil redoutable dans une conduite du changement qui ne dit jamais son nom ni ne s’embarrasse de concepts compliqués.

Il s’agit du Gemba, la pratique qui consiste à aller sur le terrain, là où la valeur est créée, pour confronter ses croyances à la réalité des faits. Une pratique qui n’a de cesse de m’émerveiller et voici pourquoi … Lire la suite « Conduite du changement : Le Gemba ou comment provoquer les moments de révélation »

Comment j’ai (presque) raté un projet d’accompagnement

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(et comment ma coach m’a permis de comprendre les causes profondes de cet échec)

Depuis que je m’intéresse tout particulièrement au management (2007), j’ai papillonné de tendances en tendances. Méthodes agiles (jusqu’en 2009), entreprise 2.0 (une sorte d’aïeul du sujet de la transformation numérique) de 2009 à 2011. Mais depuis 5 ans maintenant, je ne papillonne plus. J’ai trouvé avec le Lean et l’amélioration continue un sujet qui me passionne toujours en ce qu’il me semble être une source inépuisable d’apprentissages et de découvertes.

On croit que l’on commence à savoir, on « prend la confiance » (comme dirait mon ado) et d’un seul coup, hop ! on rate (presque) un projet. (Note : presque rater veut dire que l’équipe a tout de même résolu deux ou trois gaspillages importants et a amélioré sa performance de 20 %. Mais ce n’est pas le genre d’amélioration dont on se contente lorsque l’on voit a posteriori le potentiel de la situation).

Une source inépuisable d’apprentissages disais-je car après le projet, lorsque je me suis fait coacher (par l’impeccable Alessandra) sur la résolution du problème correspondant, j’ai découvert alors, stupéfait, que ce qui m’avait induit en erreur était encore et toujours la même chose : une fausse croyance.

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La pensée Lean pour l’entreprise à l’ère du numérique – interview de Daniel T. Jones

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Daniel T. Jones a contribué à des ouvrages de management parmi les plus importants de ces 30 dernières années. Dans The Machine that Changed the World (Le Système qui a Changé le Monde), et Lean Thinking : Banish Waste and Create Wealth in Your Organization (Bannisez les Gaspillages et Créez de la Richesse dans Votre Entreprise) Dan et Jim Womack décrivent les principes et les pratiques utilisées derrière la croissance spectaculaire du constructeur automobiles japonais Toyota.

Ces dernières années la réflexion de Dan a été particulièrement intéressante en ce qu’il a fait le choix d’appliquer la pensée Lean à l’avènement du numérique. En effet, ce dernier a été l’un des sujets les plus importants au centre de ses préoccupations, comme nous avons pu le constater dans ses dernières conférences.

Pour Dan le numérique est un levier formidable pour mener à bien la mission du Lean : transformer l’entreprise en organisation apprenante, à tous les étages de la hiérarchie. Et le Lean est un élément essentiel pour l’entreprise numérique en ce qu’il propose un système de management pour bénéficier à plein de la puissance du digital, pour développer les compétences des personnes et la valeur de l’entreprise, plus vite que les concurrents.

A titre personnel, cela me semble d’autant plus intéressant qu’il s’agit d’une certaine façon du chemin inverse à celui que j’ai emprunté : du numérique (développement de solutions innovantes au sein de startup, méthodes agiles, plateformes collaboratives …) vers le Lean. Notez bien que je ne prétends pas ici que ma contribution au management du 21ème siècle soit comparable à la sienne, inestimable.

Dan est un homme occupé. Il est pourtant parvenu à nous accorder un peu de son temps précieux. Nous sommes ravi d’avoir eu cette conversation à l’intersection du Lean et du numérique, avec l’un des hommes qui a inventé le mot « Lean » et qui a décrypté pour nous le système Toyota. Une occasion de célébrer les 20 ans de la parution du séminal Lean Thinking ….

(Version anglaise disponible en ligne – Merci à Aleksandra Dergacova pour la traduction)

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Lean et Architecture IT

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J’échangeais récemment avec un CTO qui me demandait comment il pourrait utiliser l’approche Lean IT pour améliorer l’architecture de la suite logicielle qu’il livrait à ses clients. En toute franchise j’ai un peu trébuché sur sa question.

J’ai réalisé un peu plus tard que sa question était mal posée. Si vous aussi vous réfléchissez à cette question, voici quelques éléments de réponse.

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Ce que signifie la transformation digitale, 3e partie

transformerTroisième volet de cette série sur la transformation digitale. La première propose un éclairage sur une définition et les enjeux :

Exploiter la radicalité des capacités d’internet (temps-réel, ubiquité, multitude) pour construire et ajuster en permanence :

  1. une connaissance validée de la réalité du marché, aujourd’hui, afin d’élaborer les produits et services les plus adaptés pour y répondre
  2. une connaissance validée de la réalité de l’organisation et des processus pour livrer le plus rapidement possible ces produits et services

La seconde partie propose de présenter les 4 premiers points cardinaux de cette transformation. Cette partie en présente les 3 suivants (les 5, 6 et 7) …

  1. la relation client
  2. les produits et services
  3. les processus
  4. les outils
  5. le leadership
  6. la culture
  7. les équipes et le management

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Ce que signifie la transformation digitale, 2e partie

operae partners transformation digitaleDans le premier volet de cette série, nous nous sommes attardés sur une définition de la transformation digitale en proposant d’en circonscrire l’enjeu principal :

Exploiter la radicalité des capacités d’internet (temps-réel, ubiquité, multitude) pour construire et ajuster en permanence :

  1. une connaissance validée de la réalité du marché, aujourd’hui, afin d’élaborer les produits et services les plus adaptés pour y répondre
  2. une connaissance validée de la réalité de l’organisation et des processus pour livrer le plus rapidement possible ces produits et services

Dans ce second billet nous allons décrire les quatre premiers des 7 points cardinaux de cette transformation. Pour chacun, nous allons proposer des principes, des exemples, des anti-patterns et des questions vous permettant d’évaluer votre stratégie. Ces sept points sont les suivants :

  1. la relation client
  2. les produits et services
  3. les processus
  4. les outils

 

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Ce que signifie la Transformation Digitale

Transformation digitale operae partnersAlors que la transformation digitale (rappel : le qualificatif digital est approprié en français, inélégant mais approprié) est devenue un des enjeux majeurs des organisations, on a parfois du mal à se représenter à quoi cela correspond et à imaginer par quel bout prendre le sujet. Qu’entend-on par cette expression ? Quels sont les enjeux que cette transformation implique ?

Ce billet est le premier d’une série sur le sujet. Il a pour objet d’apporter un éclairage en proposant une définition et en en exprimant les enjeux…

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Lean, respect et prénoms des collaborateurs

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Dans son Petit Traité des Grandes Vertus, André Comte-Sponville propose un ensemble d’essais philosophiques sur un certain nombre de vertus. Ainsi la tempérance, la tolérance, le courage, la générosité etc …

Celle par laquelle il commence n’est pas une grande vertu : il s’agit de la politesse. Il explique clairement que si ce n’est pas d’une disposition suffisante, c’est néanmoins un élément indispensable à la vertu.

Soucieux d’un management vertueux, j’ai très rapidement intégré cette dimension dans mes pratiques de coaching.

Un chien dans un jeu de quilles

Lorsque j’arrive dans une nouvelle équipe, je tâche de conserver à l’esprit que je suis une pièce rapportée, un peu comme un chien dans un jeu de quilles, un corps étranger que les membres de l’équipe n’ont certainement pas demandé. Se basant sur les expériences précédentes, ils imaginent parfois que je vais travailler en vase clos avec le manager, sans venir les voir, puis leur imposer un nouveau processus / outil / ensemble de pratiques.

C’est dans ce contexte peu favorable que je dois accompagner l’équipe dans des changements qui auront, en outre, pour objet de changer certaines de leurs croyances.

La politesse (bonjour, vouvoiement, sourire) est évidemment un impératif mais j’ai constaté une pratique qui, rapidement, les intrigue et que les personnes de ces équipes apprécient : je connais leurs prénoms dès le second jour. Lire la suite « Lean, respect et prénoms des collaborateurs »