Socrate et le Lean management

questionnement-socratiqueIl est parfois difficile d’accepter le Lean management tout simplement parce que la distance culturelle entre le Japon et nous nous semble rédhibitoire. J’aime beaucoup la poésie de « nous fabriquons des voitures que les clients achètent » ou celle de « nous recherchons le sourire de nos clients », ambitions qu’avait fixées l’un des présidents de Toyota. Y réfléchir est un vrai exercice zen et en révèle le sens profond.

Mais nous, nous avons été élevés dans un autre monde et un autre système de raisonnement. Nous expliquer que les basiques de la relation entre un dirigeant et ses équipes, c’est : « Go see, ask why, show respect » (Fujio Cho, Toyota) ne suffit pas toujours à nous convaincre qu’un modèle développé pour une industrie automobile japonaise va se diffuser avec aisance et pertinence dans une banque française (ou un éditeur de logiciel, ou une administration, etc…). Lire la suite « Socrate et le Lean management »

Lean IT et Lean Start up – Rencontres et complémentarité

lean-start-upLe Lean IT représente une activité importante à Operae, depuis des années, et je connais bien sa mise en œuvre dans des environnements qui vont du CCMI le plus classique au déploiement ambitieux de SAFe. Vient toujours un moment, lors des visites de terrain avec l’encadrement, où l’un d’entre eux me pose la question : « quid du Lean start up ? ».

La roadmap du Lean IT commence le plus souvent par « stabiliser les opérations », c’est-à-dire clôturer les incidents plus rapidement et réduire le nombre d’incidents en entrée. Pour ensuite s’intéresser à livrer les évolutions et les projets avec plus de fiabilité (respecter le scope, le budget, le délai). Ce n’est qu’ensuite que les DSI réfléchissent à la création de valeur : comment mieux soutenir les métiers et/ou innover avec plus de succès ?

C’est ici que le Lean start up trouve sa place. Lire la suite « Lean IT et Lean Start up – Rencontres et complémentarité »

3 pratiques Lean pour agilistes

Quelques années après avoir construit à partir d’une page blanche une banque à distance, j’ai découvert la conduite de projet agile. Quel soulagement ! Il était donc possible d’interagir avec les développeurs sans devoir décrire en 1 000 pages la solution exacte que l’on souhaitait. Exercice d’autant plus difficile que les souhaits sont assez flous lorsque vous êtes pionnière dans le domaine.

Ceci dit, mon point de vue est d’abord lean, avec la supervision de 10 000 jours, en 10 ans, de coaching en Lean et informatique. Mes contacts avec la communauté agile sont fréquents, j’en aime beaucoup l’esprit. J’ai eu notamment la chance de travailler avec @RegisMedina, de faire intervenir @KentBeck et @JeffSutherland dans certaines conférences, et enfin de partager sur le terrain le lean avec des agilistes de haut niveau.

Voici donc trois pratiques que le lean peut apporter à l’agile :

1. Soyez agiles dans vos rétrospectives !

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Prendre son temps avant de s’attaquer aux gaspillages !

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L’idée apportée par le Lean management qu’il existe des gaspillages dans l’entreprise et qu’on va donc les réduire est d’une efficacité marketing fulgurante. Cette idée s’est répandue très largement et en est même devenue une forme de définition du Lean (« ah oui, le Lean ! C’est la chasse aux gaspillages »). Je peux le regretter mais elle a un fond de vérité dont on va parler ici.

L’idée fausse n°1 : le Lean management est la chasse aux gaspillages

La toute première réflexion lorsqu’on lance une démarche de Lean management, surtout dans le domaine des services ou de l’informatique, est qu’il faut chercher à comprendre

  • qui est le client ;
  • quelle est la valeur qu’on lui livre.

Ces points ont été exposés dans d’autres posts et je n’investiguerai pas plus le sujet ici. Lire la suite « Prendre son temps avant de s’attaquer aux gaspillages ! »

De quelle obeya parle-t-on ? L’obeya de projets

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On a déjà présenté sur ce blog l’obeya de management, qui vise d’une part à aligner deux niveaux de management sur des objectifs communs et d’autre part à entretenir une culture de l’amélioration continue via une présentation en continu de PDCA. Mais dans la mesure où « obeya » signifie « grande salle », il est tout à fait acceptable d’utiliser le même mot pour un usage différent : la conduite de projet. Notre expertise à Operae porte sur le Lean en informatique et ce billet sera éclairé par des exemples venus de l’informatique. NB : Il existe bien entendu des obeya utilisées en ingénierie de produits bien plus physiques [1].

Quels bénéfices attend-on de son obeya de projet ?

Vitesse

En matière de Lean en informatique, je constate que l’obeya sert soit à développer de l’agilité dans les projets –on vise alors à livrer plus vite-, soit à livrer à l’heure des projets structurants comme par exemple la création de systèmes d’information qui répondent à un besoin réglementaire.

Dans tous les cas, l’obeya favorise :

  • la collaboration entre les membres du projet. Les tensions disparaissent, ce qui était implicite devient explicite et l’équipe projet avance ensemble ;
  • la qualité par l’élimination des défauts/bugs très en amont dans la construction ;
  • la baisse des coûts pour plusieurs raisons : on ne développe que ce qui est utile, la qualité est bonne donc les coûts de correction disparaisse, les besoins d’arbitrage, comitologie, replanification, etc… diminuent,

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Personnes ou Ressources ?!?

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Dans l’informatique et les centres d’appels, parfois ailleurs, lorsque je demande à un manager avec qui il travaille, la réponse la plus fréquente est la suivante : “j’ai x ressources.” J’entame alors un échange dont je ne suis jamais certaine de sortir gagnante sur le thème “si les chaises, les tables, les ordinateurs et la puissance du réseau sont bien des ressources, peut-on vraiment considérer qu’une personne, un homme, une femme, soit une ressource d’une organisation ?”.

Et vous, considérez-vous que les enfants qui vous entourent, les jeunes que vous aidez à grandir et dont vous suivez les études sont les ressources que vont consommer demain les grandes administrations et les entreprises ? Posée comme ça, la réponse appelle un NON franc et sans concession.
Alors pourquoi parler des adultes comme de possibles ressources ? Lire la suite « Personnes ou Ressources ?!? »

Le kanban, un bitcoin explosif !

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Ce post fait suite à un autre texte “Le kanban est le bitcoin du Lean”. On y montrait pourquoi il est possible de considérer le kanban comme une monnaie virtuelle dans le monde de la production de biens ou de services, monnaie qui permet d’organiser le travail de chacun le long d’une chaine de valeur.

L’exemple utilisé était celui d’une petite chaine de développement informatique comprenant un spécifieur, un développeur et un testeur.

Ce nouveau post sort de la partie théorique du kanban et explore ce qui se passe dans la réalité, lorsqu’on essaie de le mettre en œuvre. En un mot comme en cent, ça explose !

Imaginons que le développeur n’arrive pas à terminer la commande que le testeur lui a passée :

 

kanban-lean-operae-partners-4 Lire la suite « Le kanban, un bitcoin explosif ! »

Le kanban est le bitcoin du Lean

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Eh oui, le kanban est une monnaie virtuelle, auto-générée par un écosystème de production (une usine, une DSI, un process de service) et qui sert à acheter le matériel dont on a besoin pour travailler. Une monnaie qui est utilisée pour accélérer considérablement la livraison des produits, logiciels ou services.

De la monnaie virtuelle à la satisfaction du client

Les ambitions sous-jacentes à l’utilisation du kanban sont à la fois :
1. De caler le rythme de production sur le rythme de commande des clients (produire au takt, en langage Lean),
2. D’avoir un temps de traversée du process égal au temps de construction du produit (produire en flux, toujours en langage Lean). Lire la suite « Le kanban est le bitcoin du Lean »

Ne me faites pas perdre mon temps !

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“Ne me faites pas perdre mon temps !” est l’axe le plus inattendu des attentes des clients telles que les identifient Dan Jones et Jim Womack dans leur livre “Le lean au service du client”. Et pourtant, quand on y pense, cela tient de l’évidence :

  • le site internet qui veut tout savoir de moi –“ouvrez un compte !” disent-ils- avant de me laisser accéder aux dimensions d’une table ou au replay de NCIS ;
  • le magasin d’électronique qui n’a pas le produit en stock et vous propose benoitement de repasser dans deux jours le chercher, comme si j’avais tellement de temps inoccupé que j’allais me réjouir à l’idée de cet aller retour ;
  • l’assurance qui vous demande encore un papier avant de pouvoir solder votre dossier et donc de vous rembourser de l’argent avancé au garagiste ;
  • etc…

Lire la suite « Ne me faites pas perdre mon temps ! »

Lean IT : pour une informatique qui délivre !

surcharge-it-operae-partners-lean“Nous avons une informatique très industrielle” m’ont souvent dit des DSI qui me recevaient pour parler Lean IT. Pendant longtemps, j’ai eu beaucoup de curiosité à aller avec eux, dans leurs équipes, pour voir la création de valeur ; on parle de genchi genbtusu en vocabulaire Lean. Immédiatement, j’ai pu constater que l’industrialisation décrit une organisation très différente dans l’usine et en informatique.
Dans l’usine, surtout Lean, le produit bouge : il va d’un point à un autre, à un rythme régulier et en continu il s’enrichit. Il atteint rapidement un quai de livraison où il trouve la place qui lui était désignée et il est expédié. Le ratio “temps de construction du produit” / “temps de passage dans l’usine” est très proche de 1. J’ai vu des pare-chocs produits en 24 heures, du granulé de plastique à l’expédition et chaque pare-chocs était différent de son prédécesseur et de son successeur.

Autant l’usine est calme, autant le département informatique est affairé, sous tension. La moindre demande y suit un process bien défini et pourtant rien ne sort, ou alors si lentement ! Lire la suite « Lean IT : pour une informatique qui délivre ! »