Achille et la tortue, ou comment accélérer prodigieusement la vitesse de réalisation des nouveaux développements informatiques
Zénon d’Elée, au 5e siècle avant notre ère, énonçait son paradoxe bien connu : la tortue est 100 pas devant Achille ; ils font la course. Le temps qu’Achille fasse les 100 pas, la tortue en a fait 10 ; le temps qu’Achille couvre ces 10 pas, la tortue en a fait un ; si les choses continuent ainsi de suite, jamais Achille ne devrait rattraper la tortue ; et pourtant il la rattrape évidemment. Comment cela se peut-il donc ?
Une simple suite géométrique dont la convergence est fournie par la formule suivante : a / (1-q) soit 100/ (1-0,1) soit 100/0,9 = 111,11 mètres.
Fin de la course.
Il n’empêche que la belle mécanique théorique du 1/10 de plus à l’infini séduit nos esprits depuis 2500 ans. Et continue de le faire.
« L’évidence des sens est parfois fallacieuse », disait Parménide. Si les biais cognitifs n’étaient pas si attirants, nous ne nous égarerions point dans leurs pièges…
Supposons maintenant que la tortue avance en ligne droite du départ à l’arrivée, en prenant la bonne direction à chaque fois.
Et que Achille se trompe simplement de direction deux fois sur 10, à chaque pas.
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Une équipe composée d’une dizaine de personnes est chargée de 4 applications utilisées dans des points de vente.
L’organisation en ligne d’une chaîne d’assemblage est maintenant très largement répandue. L’industrie automobile, nous l’a largement démontré. Et pourtant, d’autres industries bien plus flexibles par la nature des objets qu’elles manipulent peinent, voire refusent encore de s’organiser ainsi.
Le fait de parcourir les pages ou écrans d’une application pour y rechercher une information est un gaspillage, puisque le déplacement n’apporte en soi aucune valeur à l’utilisateur. Dans le cas idéal, l’utilisateur devrait avoir toutes les informations nécessaires sous les yeux, et uniquement ces informations nécessaires, sans avoir à fournir le moindre effort. Le système du voyagiste regorge de tels exemples : les différents vols proposés pour une requête donnée sont affichés dans des pages distinctes, ce qui oblige à naviguer fréquemment d’une page à l’autre pour comparer les alternatives ; il faut revenir à la page d’accueil pour modifier les critères de recherche de vol ; la page qui affiche le détail d’un voyage est très longue, ce qui oblige l’utilisateur à utiliser les barres de défilement pour naviguer de haut en bas, etc. Dans le cas où les informations sont regroupées au sein d’un même écran, la navigation et la recherche prennent une nouvelle forme : le regard parcourt l’écran à la recherche de l’information pertinente.
Une saisie est jugée inutile lorsque le système aurait pu trouver l’information par lui-même, sans exiger d’efforts de la part de l’utilisateur. Dans le cas de l’agent commercial, par exemple, la double saisie de l’identité de l’utilisateur – une fois pour la réservation du voyage, et une autre pour le paiement. Dans le cas du client final, la saisie hebdomadaire d’informations toujours identiques s’il s’agit d’un voyageur qui réserve un vol chaque semaine, pour la même destination, et à la même heure.
Les principes de la conception de l’interface homme / machine, bien que définis et documentés, sont souvent peu connus des équipes. Leur mise en œuvre demande de l’expérience pour trouver les meilleurs compromis et résoudre un grand nombre de contraintes simultanées. Les spécialistes de l’ergonomie des interfaces homme / machine existent et savent gérer ces contraintes. Ils ne sont toutefois impliqués que dans de très rares projets, et souvent de manière ponctuelle.