Faire du Lean sur soi-même – regarder sa journée de travail avec l’oeil du Lean et changer… ou pas !

regard-lean-travailDès que vous vous intéressez au Lean management, les affirmations péremptoires pleuvent, sans sous-titre et sans explication. Faire du Lean, c’est “d’abord apprendre à voir” mais aussi “éliminer les gaspillages”, “se battre contre ses idées fausses” et bien sur “faire du 5S”. Hermétique et décourageant.

Voici une piste à suivre pour vous, si vous souhaitez démarrer sur votre propre métier. Lire la suite « Faire du Lean sur soi-même – regarder sa journée de travail avec l’oeil du Lean et changer… ou pas ! »

De quelle obeya parle-t-on ? L’Obeya de management 1/3

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L’obeya, oobeya en japonais, c’est « la grande salle ». Et en Lean, c’est la grande salle dans laquelle se retrouvent différents contributeurs, autour d’un animateur, pour obtenir une vision partagée de la situation et prendre les bonnes décisions ensemble, sur les sujets qui le méritent. Il en existe de plusieurs types, ce post de blog présente le fonctionnement d’une obeya de management, destinée à un cadre et ses adjoints.

Quand utiliser une obeya de management ?

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A propos du développement des collaborateurs…

qvt-levier-competitiviteLes familiers du Lean management ont entendu cent fois plutôt qu’une l’impérieuse nécessité de « développer les collaborateurs » (« develop people ! » en anglais et « Hitozukuri » en japonais).

L’interprétation la plus directe, qui m’a toujours mise mal à l’aise, consiste à mettre l’entreprise ou le manager dans le rôle actif/directif :

  • ma responsabilité est de développer les collaborateurs et pour cela, je sélectionne des activités qui vont leur ouvrir l’esprit : création d’un management visuel, sujets sur lesquels conduire des améliorations, mise en place de bacs rouges, etc…

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De Toyota à Google – manager au 21ème siècle

toyota-googleQue trouve-t-on lorsque l’on compare les systèmes de management de Google et de Toyota ?

On parle ici de deux très grandes entreprises différentes par bien des aspects :

  • Google est une société high tech américaine qui n’a pas 30 ans et emploie 66 000 personnes
  • Toyota est un grand groupe industriel japonais créé en 1933 qui emploie 350 000 salariés.

Un seul chiffre les rapproche peut-être : leur bénéfice annuel, autour de 20 milliards de dollars.

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Trouver son sensei quand on se lance dans le Lean en informatique

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Le sensei et le Lean en informatique représentent :

un défi très classique : il est toujours difficile de trouver un bon sensei quand on démarre dans le Lean. Et je ne sous-estime pas la difficulté à le garder ensuite, mais restons sur le démarrage :-). Le sensei est rare puisqu’il sait à la fois pratiquer le Lean management, l’enseigner sans l’enseigner (il fonctionne par questionnement et provocation, sans slide ni salle de formation), choisir des sujets d’amélioration obscurs mais percutants. Bref, il n’a rien à voir avec l’expert qui maitrise sa boite à outils et il est souvent si ce n’est de mauvaise humeur au moins pénible sur ce qui semble être des broutilles.

un défi spécifique dans l’informatique puisque, historiquement, les sensei sont des experts de l’industrie, disons du « manufacturing » et/ou de la « supply chain », mots que j’utilise volontairement pour montrer à quel point on est loin du dév, du test ou du management de configuration pour ne citer que quelques domaines de l’informatique. Difficile de faire confiance au coaching de quelqu’un qui ne sait pas lire une ligne de code…

Prenons le sujet dans le bon ordre :

  1. Pourquoi faut-il un sensei quand on se lance dans le Lean et notamment dans le Lean en informatique ?
  2. Où le trouver ?
  3. Que va-t-il se passer ensuite ?

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Amélioration continue et Lean management : tour d’horizon

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Les Echos, dans une série « les inventeurs de l’entreprise moderne », retracent le parcours de Deming et son influence auprès des industriels japonais dans les années 50. En 20 ans, il aura rencontré et formé plus de 120 000 industriels et entrepreneurs aux méthodes de la qualité totale, transformant profondément les organisations industrielles des grandes entreprises japonaises !

Sa rencontre avec la famille Toyoda et leur directeur industriel, Taïchi Ohno, contribuera à la définition moderne « système de production Toyota » (TPS) mais aussi de son « système de management » (Toyota Way). Les années passant, les deux systèmes affinent leurs ADN complémentaires, sont décrits par Dan Jones et Jim Womack en tant que méthode de Lean management et nous disposons aujourd’hui d’une description précise de ce qu’est une démarche d’amélioration continue : Lire la suite « Amélioration continue et Lean management : tour d’horizon »

Taylorisme et lean management

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Les Echos viennent de publier un portrait de Frederick Taylor (à lire ici ), intéressant à tout point de vue quand on réfléchit au management d’aujourd’hui.

Il explique notamment que Taylor a inventé le concept de « bureau des méthodes » : l’endroit où l’on va définir les process, procédures et outils qui vont permettre d’augmenter considérablement la productivité. L’invention est redoutablement efficace :

  • La première mise en œuvre par Taylor, à la fin du 19ème siècle, a permis une augmentation de 350 % de la productivité, de 300 % du nombre d’employés et de 60 % des salaires, (cf l’article)
  • La taylorisation de l’industrie s’est traduite par un accroissement de productivité de 3 % en moyenne par an pendant tout le 20ème siècle, ce qui a financé notre modèle social (Michael Ballé).

Mais c’est aussi à remettre dans une perspective historique. Taylor fait face à deux contextes antagonistes : l’industrie est dépendante d’ouvriers très qualifiés et très indépendants alors que la main d’œuvre qui arrive d’Europe a un niveau de qualification faible. Le bureau des méthodes va donc observer les gestes des ouvriers qualifiés pour les décrire minutieusement et les diffuser sous forme fragmentée aux nouveaux embauchés. On passe, dit l’article, de l’ouvrier qualifié à l’ouvrier spécialisé. Les syndicats du début du 20ème siècle accusent Taylor mettre le travail en miette.

L’article se conclut sur ces mots : « ce sera l’arrivée du flux tendu, dans les années 70 – 80, qui remettra en cause le taylorisme et sa déclinaison fordiste ». Mais pourquoi le flux tendu challenge-t-il le taylorisme ?

Le flux tendu est au cœur du Lean management, avec un idéal de fonctionnement en « one piece flow » (D. Jones, J. Womack) : l’usine Lean produit au rythme du client en termes de vitesse et de diversité, ni trop tôt, ni trop tard. On privilégie le mouvement, ou flux de valeur, à la création de stock, considéré comme un gaspillage. L’avantage obtenu est clair pour l’entreprise : meilleure gestion de sa trésorerie et de ses investissements, production à un meilleur coût.

Pour y parvenir, il y a toute une révolution industrielle à conduire qui à un moment ou à un autre fera voler en éclat la vision traditionnelle du « bureau des méthodes ». En effet, dans le cadre du Lean management, les opérateurs savent :

  1. Exécuter parfaitement les tâches qui leur sont confiées, ce qui ne différencie en rien le Lean management du taylorisme !
  2. Voir les problèmes, qui sont en fait toutes les situations qui vont à l’encontre d’un idéal de qualité et de vitesse
  3. Résoudre ces problèmes avec une démarche scientifique, au sens le plus orthodoxe du terme (poser une hypothèse, la confirmer par l’expérimentation, en mesurer les impacts, en générer une meilleure théorie)
  4. Conduire le changement à leur niveau pour que les solutions efficaces obtenues soient intégrées dans une nouvelle version du standard de travail.

Les points 2/3/4 sont au cœur de l’innovation managériale apportée par le Lean et n’ont rien de tayloristes, bien au contraire :

  • Une anecdote (fausse mais représentative) raconte que Taylor aurait répondu à un ouvrier qui lui disait « Monsieur, je pense que… » par « On ne te demande pas de penser. Il y a des gens payés pour cela, alors mets-toi au travail ! »
  • Alors que le Lean management crée un environnement de travail dans lequel chacun est invité à réfléchir et dispose d’une vraie latitude pour faire évoluer le système… sans recourir au « bureau des méthodes ».

Le Lean management sera-t-il l’un des fondements du management et du 21ème siècle ? C’est en tout cas une alternative très solide au taylorisme.

Article rédigé par Marie-Pia IGNACE

Comment l’on passe de l’échec au succès à l’échec

montagnes-russes-operae-partners-succesVoilà comment on passe de l’échec au succès à l’échec… Parce qu’on a, pour le succès, une pensée rationnelle et scientifique (le Lean management et son PDCA) on a, pour l’échec, une pensée nombriliste et réactionnaire,
par Marie-Pia Ignace, CEO d’Operae Partners

Cas concret : Le directeur commercial d’une banque constate que, après une succession, les héritiers ne souhaitent pas maintenir leurs placements chez lui. Une partie de l’argent est dépensée et le reste est déplacé dans d’autres banques. On parle de plusieurs centaines de millions d’euros qui sont transférés chaque année !

Cela lui paraît d’autant plus incompréhensible que :

  1. les offres de placement de la banque sont de bonne qualité et sont reconnues par les experts,
  2. il existe des frais de transfert qui pénalisent le client,
  3. tous les commerciaux sont formés pour proposer aux héritiers de rester dans la banque.

Une bonne enquête auprès des héritiers fait apparaître Lire la suite « Comment l’on passe de l’échec au succès à l’échec »

Déployer une véritable culture de l’amélioration continue – le choix de Pinocchio

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Dès qu’on s’intéresse un peu sérieusement au Lean management, on découvre un concept troublant :

Dans le jidoka (le 2ème pilier de la maison Toyota), il existe toute une pensée sur la séparation de l’homme et de la machine. Celle-ci serait au service de l’humain et il n’est pas question que l’opérateur ait comme seul rôle d’alimenter une machine tyrannique !

« En reconfigurant l’interface homme-machine, Toyota prétend libérer les opérateurs de la tyrannie de la machine pour les laisser libres de se concentrer sur des tâches qui leur permettent de mettre en valeur leur savoir-faire et leur jugement ». (cf Michael Ballé – Le Projet Lean Entreprise)

Ce que m’apprennent mes visites sur le terrain, c’est qu’il s’agit souvent de libérer tout autant les personnes de la tyrannie des machines que de la tyrannie du système. On a parfois l’impression, dans le domaine des services, qu’un esprit suspicieux a conçu un système informatique compliqué et bureaucratique dans le seul but de mettre sous contrôle les humains qui interviennent dans la chaine de service. J’ai vu par exemple une interface informatique destinée à des collaborateurs de back office en charge d’ouvrir des comptes bancaires : ils devaient cliquer dans une liste que « oui », ils avaient bien vu la pièce d’identité du nouveau client et « oui », ils avaient bien noté son adresse et sa date de naissance. Valeur ajoutée 0 : les collaborateurs le disent, depuis toujours on regarde une pièce d’identité avant d’ouvrir un compte.

Peut-on parler de confiance dans la personne humaine à ce niveau de mise sous tutelle de la réflexion ? Lire la suite « Déployer une véritable culture de l’amélioration continue – le choix de Pinocchio »

Transformation digitale, collaborateurs et Lean management

Par Marie-Pia Ignace

On imagine souvent que le Lean management contribue à la transformation digitale de l’entreprise au niveau de la DSI, en accélérant la livraison des projets. C’est effectivement l’un des bénéfices du Lean IT.

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Mais le digital n’est pas que la mise à disposition des clients et prospects de nouveaux services s’appuyant sur internet. La transformation comporte un large volet d’acquisition de nouvelles compétences pour les collaborateurs.

Dans les métiers itinérants (expertise automobile, facteurs, entretien de matériel par exemple), il faudra demain que les collaborateurs chargent des listes de tâches sur leur portable, qu’ils les réalisent au fur et à mesure de leur tournée et qu’ils restituent ces listes à jour en revenant au bureau. Les tâches dont on parle pourront être de la signature électronique, déjà bien connue, mais aussi des activités nouvelles comme la prise de photos numériques et leur adjonction à un dossier d’assurance par exemple. Lire la suite « Transformation digitale, collaborateurs et Lean management »