Où sont passées les valeurs du Manifeste agile ?

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Les directions informatiques (DSI) doivent s’adapter aujourd’hui à un monde volatile, incertain, complexe et ambiguë : les situations évoluent de manière imprévisible, de nouvelles technologies ou réglementations peuvent surgir à tout moment et modifier brusquement l’environnement, les interactions entre systèmes se multiplient augmentant le risque d’erreur.

Dans ce contexte d’incertitude extrême, les DSI doivent donc trouver de nouveaux modes de fonctionnement plus flexibles et plus efficaces pour soutenir l’entreprise face à la concurrence.

Pour répondre à cet impératif, certaines se tournent vers une nouvelle forme d’organisation, l’organisation agile. Cette énième transformation consiste le plus souvent à s’appuyer sur un framework agile comme Safe par exemple ou à copier-coller ce que d’autres on fait. Ainsi il est fréquent de voir le modèle Spotify appliqué dans des contextes très éloignés de l’écoute musicale sur internet. Ce changement majeur pour la DSI est mené, généralement, par des coachs agiles rompus à la méthode Scrum et aux outils de facilitation en tout genre. Des équipes autonomes pluridisciplinaires émergent emmenées par des Product Owners et des Scrum Masters (dont le métier est plus de « energizer » les équipes plutôt que de s’intéresser aux pratiques d’ingénierie logicielle et à la qualité du code). Le travail est cadencé au rythme des cérémonies voulues par la méthode : standup meeting, sprint planning, rétrospectives… L’effort de coaching se porte principalement sur l’adhésion des collaborateurs à la nouvelle organisation du travail, sur la collaboration et sur les relations interpersonnelles. Ainsi, la réussite de la transformation se mesure-t-elle à la capacité de chacun à respecter les principes de la méthode et à les mettre en œuvre de manière autonome.

Et quid de la satisfaction client,
de la qualité du code et du respect des délais ?

Mais est-ce suffisant pour obtenir des résultats concrets ? C’est à dire des résultats montrant une meilleure santé de l’entreprise : des clients satisfaits, une augmentation de la qualité délivrée, une réduction significative des délais de production, des coûts maîtrisés, des salariés épanouis…

Le problème est que cette nouvelle transformation ne diffère pas tellement des autres. Les collaborateurs changent de bureau, d’équipe, de contexte applicatif et l’intitulé de leur poste est adapté au nouveau paradigme. Quant à leur travail, fondamentalement il reste le même. Les cartes sont rebattues, mais finalement où est le véritable changement ? Est-ce que cette transformation permet de mieux comprendre le client, de mieux répondre à ses attentes ? Est-ce que les collaborateurs sont plus au fait des plaintes exprimées par les utilisateurs de leurs applications ? Est-ce qu’une attention particulière est portée aux pratiques d’ingénierie (code, architecture, réseau, sécurité…) ? Y-a-t-il un lien clairement identifié entre les attentes des clients, l’ingénierie et la performance de l’entreprise ?

Se lancer dans une transformation agile ne peut donc se limiter à un énième changement d’organisation et à l’application d’une méthode. Pour répondre à l’accélération des changements, la transformation se doit de développer un système d’apprentissage permettant aux collaborateurs :

1 – de développer une compréhension très fine des attentes de leurs clients ;

2 – de voir très rapidement les obstacles qui les empêchent de satisfaire ces attentes ;

3 – de développer des compétences en résolution de problèmes, individuelles et collectives, pour améliorer la situation par eux-mêmes.

Il s’agit dès lors de s’intéresser précisément à la qualité du code, son architecture, sa maintenabilité, sa performance, de chercher à comprendre dans quelle mesure les interfaces utilisateur répondent parfaitement au besoin des clients, et s’assurer que le système est suffisamment sécurisé pour protéger les données sensibles par exemple.

Les auteurs du Manifeste agile  écrivaient en 2001 en préambule :

Nous découvrons comment mieux développer des logiciels par la pratique et en aidant les autres à le faire.

Ces fondements inscrits il y a 17 ans ont malheureusement disparu des pratiques de ceux qui déploient aujourd’hui une forme d’agilité à grande échelle.

Comment revenir aux fondamentaux ?

En recherchant inlassablement à mieux comprendre ses clients et en soutenant l’esprit kaizen à tous les niveaux pour améliorer ses processus et ses pratiques de développement au sens large, obstacle après obstacle, la DSI développe l’expertise de ses collaborateurs et améliore sa capacité à :

1 – concevoir les produits demandés par les clients et les utilisateurs ;

2 – livrer à l’heure les fonctionnalités demandées avec un très haut niveau de qualité ;

3 –  produire des architectures logicielles sécurisées de plus en plus flexibles s’adaptant extrêmement rapidement aux conditions versatiles du marché.

Grâce à cette nouvelle capacité d’apprentissage, la DSI va contribuer de plus en plus efficacement à la compétitivité de l’entreprise en s’adaptant toujours plus rapidement aux nouvelles conditions afin de fournir de meilleurs produits ou services en temps et en heure (du code de qualité, sécurisé et robuste).

 

A la rubrique “donner du sens”, trouver les mots pour le dire

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Photo by Romain Vignes on Unsplash

“Donner du sens” fait partie des bonnes pratiques managériales lean et agile que l’on recommande aujourd’hui. Si l’on en parle autant, c’est bien qu’il s’agit moins d’une évidence qu’il n’y parait. Quels bénéfices y a-t-il à donner du sens ?

J’en vois quatre :

  1. Améliorer le moral :
    Savoir que mon travail a de l’importance pour quelqu’un a un impact immédiat sur l’intérêt que je lui porte et l’envie que j’ai d’y retourner le lendemain. La personne la plus désespérée que j’ai rencontrée en entreprise était un contrôleur de gestion : il s’était rendu-compte que le rapport hebdomadaire dont il avait la charge n’était lu par … absolument personne*[1].
  2. Elargir le champ de la liberté de pensée et d’action :
    Quand ce qui a du sens est clair, il est plus facile d’analyser son travail, d’y trouver des endroits où une amélioration serait pertinente, de réduire des activités sans intérêt, d’identifier des innovations potentielles, etc…
  3. Faciliter la relation :
    Se sentant légitime sur le domaine du sens, il est possible de sortir de son silo, qu’il soit minuscule ou immense, pour entamer une discussion constructive avec d’autres ! A partir du moment où chacun a les idées bien claires sur ce qui est important et sur comment se définit le succès, il est bien plus facile d’expliquer pourquoi une question mérite d’être abordée ou une proposition écoutée.
  4. Réussir  :
    Enfin, chacun peut trouver des idées d’amélioration légitimes et, tout aussi légitimement, les mettre en oeuvre dans son domaine.

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Le Lean dans des activités de Services et les Fonctions Support, ça marche ! Démonstration le 3 juillet

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Quels points communs y-a-t-il entre Soditel, une PME bordelaise spécialisée dans les installations électriques, Engie Cofely, la société de services en efficacité énergétique et environnementale, JVWEB, spécialiste du référencement web, BURGEAP groupe d’ingénierie de l’environnement, Manpower, le spécialiste de l’intérim et du recrutement et La Poste ?

Ces six entreprises ont entamé une démarche Lean pour satisfaire leurs clients et développer leurs collaborateurs ; venez découvrir ces témoignages lors de la 9e Journée Lean dans les Services et les Fonctions Support. Lire la suite « Le Lean dans des activités de Services et les Fonctions Support, ça marche ! Démonstration le 3 juillet »

Le value stream mapping : améliorer le processus ou améliorer l’exécution ?

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C’est le chaos ! Les plaintes des clients se multiplient, les autorités de régulation font un mauvais œil, le turnover des employés est à la hausse et ceux qui restent sont passés à autre chose. Chaque année, on constate que les stocks intermédiaires de tickets d’incidents augmentent, que les délais ne sont pas respectés et que les budgets ne sont pas tenus. Votre mission, si vous l’acceptez, est d’optimiser une jambe de bois afin de pouvoir enfin rivaliser avec les GAFA ou un autre acronyme tendance. Enfin, optimiser … Entendons-nous bien, ils font n’importe quoi en dessous, mais on ne va pas les effrayer en parlant de refonte. Mais chaque manager en rêve, dans ses nombreuses et interminables réunions où sont présentés les KPI sur 70 slides : Il faut faire le ménage dans tout ça, faire de l’innovation de rupture et rejoindre un 21e siècle déjà bien entamé !

Quel meilleur outil pour cela que le value stream mapping ? Lire la suite « Le value stream mapping : améliorer le processus ou améliorer l’exécution ? »

Le Lean dans une PME, ça marche !

Nous sommes dans une PME industrielle dont le dirigeant – inquiet de la situation – me fait état de leurs difficultés à livrer les clients à l’heure : « Penses-tu que le Lean puisse aider une PME comme la nôtre ? » me demande-t-il.

Pour lui en faire la démonstration, je l’invite à m’expliciter son problème en termes Lean, c’est-à-dire sous forme d’écart : « 50 % des commandes sont livrées en retard… »

En Lean, l’objectif est de satisfaire complètement la demande des clients, en termes de qualité, de prix et de délai. Alors que pensent les clients de l’entreprise ?

Pour le savoir, nous les appelons et voici ce que nous apprenons : un climat de défiance est palpable ; ils sont excédés par les retards à répétition !

Sans surprise, le net promoteur score qu’ils attribuent à l’entreprise est catastrophique…

Vous l’aurez compris, la situation est grave !

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Hoshin-Kanri : orienter l’action vers un but commun

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Après « NUMMI, l’histoire d’une transformation Lean » (à lire ici), puis « Rôle et responsabilités du manager Lean » (à retrouver dans ce billet), voici la troisième et dernière partie du résumé de la masterclass donnée par Isao Yoshino à Lyon en mars dernier.

Yoshino-san nous a donc amené sur un terrain bien moins maîtrisé aujourd’hui dans nos approches Lean : le hoshin kanri. Cet outil Lean sert avant tout à aligner l’ensemble des efforts d’une entreprise ou d’une organisation vers un but commun, que l’on nomme parfois Etoile du Nord dans les projets. Il s’agit de traduire, à tous les niveaux de l’organisation la vision plus ou moins long terme de l’entreprise en objectifs chiffrés ambitieux mais atteignables et en suite d’actions pour l’année à venir. Lire la suite « Hoshin-Kanri : orienter l’action vers un but commun »

Rôle et responsabilités du manager chez Toyota

https://www.toyota-europe.com/world-of-toyota/this-is-toyota/the-toyota-way

(Chez Toyota, on fait aussi du management par objectif !)

Ce second article fait suite à l’histoire de NUMMI et ses nombreux enseignements sur le management Lean (à retrouver ici).

Durant le Lean Summit 2018, nous avons eu la chance d’assister à la masterclass de Isao Yoshino, manager chez Toyota durant 40 ans et sensei passionnant à écouter sur le rôle et les responsabilités du manager chez Toyota.

Et le premier rôle du manager est de poser l’étoile du Nord en pratiquant un management par objectifs vu comme un challenge à relever pour développer les collaborateurs, le plus important étant finalement l’appropriation de la vision de l’entreprise par les employés via un alignement régulier de tous (le Hoshin Kanri, sujet d’un prochain article).

Lire la suite « Rôle et responsabilités du manager chez Toyota »

NUMMI : l’histoire d’une transformation Lean

Cette série d’articles fait suite à la masterclass donnée à Lyon par Isao Yoshino – dans le cadre du Lean Summit 2018 de l’Institut Lean France. Retraité en 2004 de Toyota, professeur à l’université de Nagoya, également retraité mais enseignant toujours, Isao a passé plus de quarante ans chez Toyota dont quatorze au sein des usines localisées aux Etats-Unis. Il appartenait à la catégorie des personnels « non-ingénieur », qui passent donc traditionnellement quatre à cinq ans en poste au maximum avant de changer, car ce que l’on attend d’eux c’est d’avoir une vision la plus transverse possible de l’entreprise. Il a donc lui-même travaillé dans quatorze départements différents en quarante ans. Il a notamment participé à l’aventure NUMMI, la joint-venture entre Toyota et General Motors dans les années 1980.

Ce premier article relate donc l’aventure NUMMI vue de l’intérieur par l’un de ses acteurs. Lire la suite « NUMMI : l’histoire d’une transformation Lean »

Sortie du livre de Gojko Adzic : « Fifty Quick Ideas to improve your User Stories » en français !

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Nous avons le plaisir et l’honneur d’annoncer la parution de « User stories : 50 clés pour raconter les besoins utilisateurs » la traduction française du livre de Gojko Adzic Fifty Quick Ideas to improve your User Stories !

Nous sommes fiers d’avoir traduit cet ouvrage et d’avoir porté le projet avec l’éditeur français Eyrolles. Lire la suite « Sortie du livre de Gojko Adzic : « Fifty Quick Ideas to improve your User Stories » en français ! »

Comment l’on applique le Lean à nous-mêmes pour réduire le coût de gestion des notes de frais

Nous sommes un cabinet de coachs, spécialistes de la transformation lean et agile et les interventions de nos vingt-sept coachs chez nos clients génèrent une importante activité de gestion de notes de frais (frais de déplacements en train, avion, taxi, hôtels, repas…). Comme chez Operae Partners, nous nous appliquons le Lean à nous-mêmes, nous avons entamé une démarche d’amélioration de la gestion de ces notes de frais. Lire la suite « Comment l’on applique le Lean à nous-mêmes pour réduire le coût de gestion des notes de frais »