Le questionnement des indicateurs de performance

Columbo

Il est étonnant de voir à quel point les personnes sont capables d’utiliser des indicateurs dans leur vie de tous les jours et combien elles les craignent dès qu’ils pointent leur nez dans le monde professionnel. À leur décharge, les indicateurs sont présents dès l’entrée dans le monde scolaire pour sanctionner une performance individuelle et rarement, voire jamais, une performance collective. Il est en de même dans les environnements professionnels. Ces systèmes font que nous oublions qu’une sanction peut être une «peine» ou une «récompense» (Le Robert : peine ou récompense attachée à une interdiction ou à un ordre, au mérite ou au démérite) et que nous retenons la sanction dans son assertion négative.

Mais en Lean Management, à quoi sert un indicateur ?

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Les gestes inutiles dans un back office

Les gestes inutiles font partie des 7 gaspillages définis dans le Lean management.

Dans cet exemple, les collaborateurs se déplacent beaucoup pour ranger les dossiers des clients dans les armoires ou pour les transmettre à leurs collègues. Certes, il faut bien que chaque dossier puisse être transmis ou classé mais du point de vue du client, ce geste n’apporte pas de valeur ajoutée. C’est donc un gaspillage :

1/ du point de vue des clients : ce temps pris pour déplacer un dossier est un temps pendant lequel le collaborateur ne s’occupe pas d’un autre dossier. Dit autrement, les autres clients attendent.

2/ du point de vue des membres de l’équipe, c’est une source de fatigue : des locaux mal agencés vont générer des déplacements qui, mis bout à bout, peuvent représenter à la fin de la journée, dans certains contextes, des kilomètres de marche à pied. Lire la suite « Les gestes inutiles dans un back office »

Le Lean ne devrait-il pas se focaliser sur les solutions plutôt que sur les problèmes ?

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Traduction de l’article de Michael Ballé : « Shouldn’t lean focus on solutions, rather than problems? »

Pourquoi le Lean est-il si focalisé sur la résolution de problème ? Voir toute chose comme un problème n’est-il pas négatif ? Ne devrions-nous pas plutôt nous focaliser sur les solutions ? Ne serait-ce pas plus positif et plus créatif ?

Bonne question. En effet le Lean est si orienté sur les problèmes qu’il n’utilise pas le terme « solution » : il a inventé à la place le terme un peu gauche de « contre-mesure » ! Ok, c’est un peu bizarre. Qu’en est-il vraiment ?

Prenons un peu de recul : qu’essayons-nous de faire ici ? Des solutions seraient pertinentes si les processus étaient des choses réelles et stables et que les problèmes dans les processus réduisaient la performance. Le fait de trouver une solution permanente améliorerait alors et le processus et la performance, et voilà !

Mais les processus ne sont pas vraiment réels – ils sont juste une façon de décrire ce que les gens font dans leur travail. Et la performance est quelque part le résultat de la collaboration de ces personnes dans le processus et de la manière dont ils réagissent à la situation pour obtenir les résultats recherchés pour les clients et pour eux-mêmes. La performance, en fait, est le résultat de la compétence.

Le développement des personnes est la clé du Lean pour améliorer la performance : cela signifie faire monter en compétences les personnes afin qu’elles puissent gérer au mieux les situations auxquelles elles sont confrontées, et continuer à aider leurs clients qui font face à leurs propres problèmes – les problèmes de la vie réelle des clients, pas les problèmes dans le processus/l’activité. Lire la suite « Le Lean ne devrait-il pas se focaliser sur les solutions plutôt que sur les problèmes ? »

Considérez le standard comme un kata, pas comme une règle

 Traduction de l’article de Michael Ballé

Kata est un mot japonais désignant un ensemble détaillé de mouvements chorégraphiés : c’est la manière dont nous faisons les choses. Ce n’est pas un ensemble de règles. Ce n’est pas un programme. C’est le meilleur état de notre connaissance à un instant donné.

Oui, un kata ça reste, on ne change pas ce que l’on sait sans y penser à 2 fois. Mais un kata qui n’évolue pas est un kata mort. Les kata sont transmis de maitre à élève, mais ensuite, comme l’élève apprend à maitriser le geste de manière structurée, il se l’approprie et produit son propre kata, et ainsi de suite.

Les katas sont aussi une forme de pratique formelle, en conditions idéales ou en entrainement. Bien que le kata vous aide à réagir en situation réelle, il ne la détermine pas. C’est « l’échafaudage » qui supporte l’apprentissage pour vous entrainer à réagir, mais vous avez toujours besoin de :
  • Choisir le bon kata au bon moment
  • Le jouer de la bonne manière dans des conditions difficiles
  • Avoir un esprit flexible à propos des situations fluides.

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Les effets de la non-qualité sur la qualité de vie au travail et la compétitivité

NRFT

Pour faire suite aux 2 vidéos de Christophe Mouton expliquant comment ramener la qualité au cœur du processus de développement [logiciel] (partie 1 et partie 2), je voudrais faire le lien entre la non-qualité et le respect des personnes.

En préambule, je dirai que je partage sans condition les constats et explications présentés par Christophe, car, tout comme lui, c’est mon cheval de bataille depuis plusieurs années. Il n’est pas nécessaire de réaliser de longues études pour poser le postulat que la qualité et le développement logiciel ne font pas encore cause commune ; comme avec la sécurité des systèmes d’information pour rebondir sur l’actualité du moment (cf. la dernière cyberattaque WannaCry). Les normes, méthodes et référentiels qui se succèdent visent tous l’amélioration de la qualité, avec plus ou moins de réussite.

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Les 5 sens du coach Lean

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Le Lean est une pratique de management et, comme toute pratique, elle requiert deux choses : s’exercer et avoir un coach. Je suis coach Lean depuis cinq ans maintenant et j’ai remarqué comme cela avait influencé non seulement mon comportement en tant que professionnel mais aussi ma relation au monde en tant que personne.

Contrairement à d’autres approches de management, nous ne ressentons pas le besoin d’être « isolés par rapport aux aléas du réel par plusieurs couches de représentation » (reporting, slides, …), une fausse conception du monde moderne identifiée par Matthew Crawford. Le coach lean est en prise directe avec l’inconfortable réalité du monde. Et pour cela il a besoin de ses cinq sens pour le percevoir clairement.  Ce billet pour décrire comment …

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Participez à la masterclass « Le Manager Lean » le 5 juillet à Paris

Manager-lean-institut-lean-france-masterclassQuel est le rôle du manager dans une démarche Lean ? Quelles compétences un manager doit-il développer dans le cadre d’une transformation Lean ? Comment l’embarquer dans la démarche ?

Votre entreprise s’engage dans une démarche Lean ? Ne ratez pas la masterclass de l’Institut Lean France, animée par Marie-Pia Ignace le 5 juillet prochain à Paris. Lire la suite « Participez à la masterclass « Le Manager Lean » le 5 juillet à Paris »

Réduire le nombre d’anomalies en ramenant la qualité au cœur du processus de développement.

Faire bien avant de faire vite… C’est quelque chose qui va de soi, pour tout le monde.

Pourtant dans le domaine informatique, il arrive parfois que l’on réduise la durée des phases de tests afin d’absorber les retards pris par les phases précédentes. Cette réduction des tests se fait au détriment de la qualité puisque dans la plupart des modes de développement c’est l’intégrateur final qui est responsable de la qualité sortante. C’est lui qui doit déployer une panoplie de tests pour détecter toutes les éventuelles non-conformités. Certaines d’entre elles ayant pu s’introduire dès les premières phases de conception voire lors du recueil des besoins.

Plutôt que de contrôler la qualité à la fin du processus de développement, le Lean Management propose quelques principes qui permettent aux équipes de construire la qualité au fur et à mesure de l’exécution du processus de développement. Lire la suite « Réduire le nombre d’anomalies en ramenant la qualité au cœur du processus de développement. »

Amélioration Continue Vs Innovations de rupture

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Ce billet est une réaction à une citation (ci-dessus) de Oren Harari par Alexander Kluge (le consultant, à ne pas confondre avec le philosope et réalisateur). Une citation reporté par l’impeccable Hans-Juergen Sturm. OK, ce n’est pas de la première main mais cela demeure très instructif.

En toute honnêteté, je n’ai pas vu toute la présentation d’Alexander. Pourtant je reconnais là la même petite musique, la même croyance que l’on peut retrouver dans l’intervention de Aaron Dignan à l’USI 2015 dans laquelle ce consultant en leadership  établit une opposition entre l’efficacité opérationnelle (le foyer de l’amélioration continue) d’un côté et l’adaptabilité de l’autre. Comme si ces deux sujets étaient mutuellement incompatibles et que l’on devaient choisir entre les deux.

Il y a selon moi de nombreuses incohérences dans cette opposition et voici pourquoi …

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Le Gemba client : une nécessité, épisode 2

Rappel de l’épisode précédent :

Une des pratiques fondamentales du Lean consiste pour l’entreprise à comprendre la valeur de ses produits ou services du point de vue de ses clients. Cette pratique s’apprend sur le terrain, sur le gemba, là où les choses se passent. Pour découvrir ce que les clients attendent, pour comprendre ce qui les fait rêver, il est nécessaire d’aller à leur rencontre. Pourquoi la pratique du Gemba client est une nécessité : récit d’une expérience client qui a débuté le 31 mars.

Ne me faites pas perdre mon temps :

Jeudi 6 avril, 6 jours plus tard : Cette histoire commence à m’agacer. Je me rends à mon appartement récupérer l’avis de passage. Arrivé sur place force est de constater que, de l’avis de passage, il n’y en a que l’idée. Zut ! Je n’ai pas mis mon nom sur la boîte aux lettres. Donc le colis se trouve au bureau de poste. Sans avis de passage je ne pourrais pas le récupérer. Je pars chez mon client. A la pause déjeuner, je me résigne. J’appelle le service client de l’opérateur. Ça sonne, la voix nasillarde du serveur vocale égrène ses options. Je vais jusqu’à l’épuisement des possibilités. Il n’y a pas l’option « Posez votre question à un conseiller ? ». Je raccroche. Je recommence. C’est de ma faute. Je n’écoute pas avec suffisamment d’attention. J’ai trouvé, enfin, un humain pour me parler. Yes ! J’avoue qu’à ce moment un sentiment d’allégresse m’effleure. Bonjour Madame… Bonjour Monsieur que puis-je pour vous ? J’explique. Silence… Question. Je réexplique. Ha je ne vais pas pouvoir vous aider monsieur. Désillusion. Je vous conseille d’appeler le bureau de poste le plus proche de chez vous. Donnez-leur le numéro de commande qui figure sur votre courrier. Ils retrouveront le colis et pourront vous dire si le facteur va repasser ou si vous devez aller le chercher. Bien, merci, bonne journée. C’est sûr ça ? Léger stress. Deuxième service support de la journée. Lire la suite « Le Gemba client : une nécessité, épisode 2 »